Un regard bleu clair sous une chambre noire. Un sourire en coin. Deux yeux perçants qui voient la vie à l’envers, la tête sous un drap, à faire la visée dans une boîte en bois baroque. Pour vous tirer le portrait. Tel est Matthieu PARENT, photographe et ambrotypiste de son état. Un artiste. Il s’interroge sur la représentation de la ville et de la place de l’homme dans cette dernière, à travers la question : comment portraituré une ville ? Une ville est par définition une unité urbaine complexe et étendue, fortement peuplée dans laquelle se concentrent la plupart des activités humaines : habitat, commerce, industrie, éducation, politique, culture … De cette mosaïque complexe et bruite Matthieu Parent ne vois que des quartiers où réside des hommes et des femmes. Son travail a pour volonté de ramener la ville à l’échelle de l’humaine. Pour se faire Matthieu Parent à choisit des résidences itinérantes : il s’installe dans un quartier, part à la rencontre des habitants, et propose aux commerçants, gens de passage et personnalités du quartier de poser devant son objectif.

Le territoire

Pour réaliser ces prises de vue l’auteur définie dans un premier temps un territoire représentatif de la ville comme le Grand Port Maritime, la cité radieuse de le Corbusier, la Plaine, ou encore le littoral pour évoquer Marseille. Par cette démarche qui consiste à zoomer dans la complexité de la ville, il peut mieux la comprendre, et nous la dévoiler. Ses portraits de quartiers, sont composer de personnages atypiques, qui définissent sont regards.

Les portraits

Chaque quartiers est une mosaïque humain . Il replace l’Homme dans son environnement. Une volonté de reconstituer le mélange de la population sur un territoire. Matthieu Parent suscite la rencontre. Pour se faire il a décidé de travaillé avec l’ambrotype qui nécessite un long temps de pose. Le temps devient vecteur de création. Et, surtout, de rencontre, puisque le modèle accepte de prendre la pose aussi longtemps que l’impose la pratique de l’ambrotype. Chaque photos est scrupuleusement mise en scène, Matthieu Parent place ses sujets dans leurs environnement. Il nous propose de rencontrer une personne par le choix du décor. Démarche directement lié avec son procédé de prises de vues : l’ambrotype.

L’ambrotype

Pour faire ses portraits de quartiers Matthieu utilisent un procédé photographique appelé l’ambrotype. Ce sont des prises de vues à la chambre 20x25cm ou 8x10inch sur des plaques au collodion humide sous exposés pour donner des positifs directes. Une fois révélée, la plaque donne une épreuve unique, en noir et blanc, d’une force et d’une beauté dont le pixel boudeur et binaire pourra encore longtemps rêver. L’ambrotype suscite la rencontre. Ce procédé, par sa faible sensibilité, entre 2 et 3 ISO nécessite un long temps de pose. Le temps devient vecteur de création. Et, surtout, de rencontre, puisque le modèle accepte de prendre la pose aussi longtemps que l’impose la pratique de l’ambrotype. Chaque photos est scrupuleusement mise en scène, Matthieu Parent place ses sujets dans leurs environnements. Il nous propose de rencontrer une personne par le choix du décor. Démarche directement lié avec son procédé de prises de vues : l’ambrotype.

Le temps de prise de vue

Se faire tirer le portrait par Matthieu, c’est accepter une longue pause suivie d’une folle urgence. Le sujet photographié doit rester immobile entre huit et trente secondes. Rester sans bouger, on est plus habitué. Puis, la photo dans la boite, c’est la course du temps : 20 minutes pour tirer la photo, sinon tout disparaît : le travail, la pose, le sujet, l’idée. Tout s’évapore. À jamais. Une plastique intemporel qui interpelle et interroge le spectateur et l’invite à regarder l’image de plus prés Matthieu est un artiste discret, qui monte, qui montre et qui se révèle, un jeune marseillais, qui a fait le choix de tirer le portrait de l’humanité... , à condition qu’elle veuille bien ne pas trop bouger au moins quelques secondes !

RENCONTRE AVEC L’ARTISTE

Émulsion, émotion.

Pourquoi utiliser cette technique à l’ère du numérique ? Parce que j’ai toujours aimé le combat que l’on pouvait avoir dans un laboratoire photographique. On se bat avec les éléments pour avoir un tirage parfait. Je suis passé d’un processus de tirage à la fabrication de mes propres émulsions.

Faire de l’unique.

Une photo ambrotype est une pièce unique avec un piqué très particulier, des reflets argentés et beaucoup de solarisation, c’est très subtil. J’essaie de guider le procédé pour produire une image dont je suis l’interprète et non le maître ; en laissant au hasard et à l’aléatoire du procédé une part dans l’expression esthétique de l’image. J’aime bien ce combat avec la matière, j’aime bien ce qui est un peu compliqué à vrai dire ! (Rires)

L’art du portrait.

Le portrait, c’est un moyen de rencontrer. Si je fais de la photo, c’est pour la rencontre, le partage, l’échange, la découverte. Quand je fais le portrait des commerçants de la place du chien Saucisse et d’autres quartiers, quand je vais photographier les cabanons ou bien au Port autonome ou encore chez les habitants du Corbusier, je découvre des univers, des façons d’être différentes. J’aime beaucoup cet échange et cette rencontre. C’est un moment de bonheur. Quand je sors de 2 heures de prise de vue, on a suspendu le temps ensemble. On s’est amusé, on a discuté, on a partagé. Ce qui est assez drôle, c’est que quelquefois j’ai des discussions fortes avec les gens, alors que j’ai la tête sous mon drap noir.

L’ambromobile

Pour faire de l’ambrotype, j’ai besoin d’avoir un laboratoire à proximité de mon lieu de prise de vue car les plaque au collodion doivent rester humide pour être révélé. J’ai donc aménagé un petit camion laboratoire que j’ai baptisé l’ambromobile et qui me permet d’aller de quartier en quartier.

Prochain projet : le retour aux sources : back in USA.

Je pars entre 3 et 5 mois à partir de septembre pour les États-Unis avec mon ambrotype. Je suis accueilli trois semaines dans la région de New York. Je vais exposer une partie de mon travail et également je vais poser mon appareil, sur le sol US. En fait, je ramène l’ambrotype sur son lieu d’origine. En effet, l’ambrotype a été inventé par Jame Ambrose Cutting en 1854 à Boston et a concurrencé le daguerréotype en raison de la rapidité d’obtention des images (2 à 4 secondes) et de son prix de revient peu coûteux. Après New York, on part sur la route vers Chicago, L.A., San Francisco et terminer dans les réserves indienne ou la plus part des photos connus de l’époque, on étaient prises avec ce procédé . À chaque fois, là bas, j’aimerai essayer de trouver un lieu pour réaliser ces portraits de quartier et exposer sur place.

Propos recueillis par Olivier Erman